Mercredi 27 février 2008
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Les CNE signés par les entreprises de moins de 20 salariés seront bientôt transformés en CDI ou en CDD. On revient donc à la situation d'il y a 2 ans sur ce point sans que, il faut le
reconnaître, le CNE ait connu un engouement phénoménal. De toute façon, la réforme du marché du travail crée de facto un contrat équivalent avec la possibilité de mettre en place des CDDs "de
mission" de 3 ans type BTP. On fait également retour à une règle qui, en tant que chef d'entreprise, me parait la plus naturelle du monde et la moindre des choses : devoir justifier d'une
manière ou d'une autre le motif d'un licenciement.
Pour rassurer les entreprises, le principe de rupture conventionnelle du CDI a été instauré. Le but est évidemment de faire cesser les pratiques de licenciements arrangés qui coûtent cher aux
Assedic, mais également de permettre de rompre plus facilement une relation de travail qui n'est plus souhaitée par l'une et l'autre partie. L'employeur y trouve son compte, il n'est plus obligé
de "monter un dossier" contre son employé, et le salarié est assuré de ne pas être lésé de ses diverses indemnités. En revanche la réforme ne met toujours pas l'entreprise à "l'abri" de la
contestation du licenciement, même conventionnel, et des jugements parfois aléatoires des prudhommes. Comprenons nous bien, quand je dis à l'abri, cela ne veut pas dire que le patron ait toujours
raison ou qu'il doive systématiquement obtenir gain de cause. Ce dont on parle c'est bien de pouvoir calculer précisément, voir mathématiquement quel est le risque qu'il prend lorsqu'il
embauche un salarié et donc de savoir combien lui coûterait un éventuel licenciement, tant bien même celui-ci serait effectué de manière abusive. On ne parle pas non plus de remise en cause de
quel que droit que ce soit : aujourd'hui le patron qui veut licencier, même abusivement, le fera de toute façon, et il en paiera ensuite les conséquences financières. Le résultat étant le même
pour le salarié, le vrai sujet est bien de connaître à l'avance, pour l'entreprise, les conséquences financières du licenciement, fussent elles élevées. Une entreprise ne peut accepter
de se développer dans l'incertitude, et préfèrera bien souvent ne pas embaucher et donc renoncer à créer de l'emploi et de la richesse plutôt que de prendre un tel risque. Aujourd'hui on
travaille dans un système digne du "communisme stalinien" ou c'est la logique de la peur, tant pour l'employé que pour le patron, qui régit le dialogue social!
Un second point qui découle du premier, est qu'on a encore aujourd'hui une multitude de contrats de travail. A partir du moment ou le coût de la séparation serait quantifié, on n'aurait pourtant
plus de problème de CNE, CDD, contrat d'intérim... Vive le contrat unique!
En conclusion, on nous propose une réforme qui part certes d'une bonne intention, mais passe à côté du point central qui serait plutôt celui de rassurer l'entrepreneur, sans rogner les
droits du salarié, et favoriserait ainsi la prise de décision d'embauche et donc la création d'emploi et de croissance. La situation est pourtant historiquement favorable : chômage en
forte baisse, manque de cadres du fait du vieillissement de la population, manque de personnel dans de nombreuses professions... Nous nous dirigeons vers un marché de l'emploi où c'est
bien le salarié qui choisira son entreprise, un marché où les entreprises s'arracheront à coup de milliers d'euros (voila le pouvoir d'achat qui arrive) tous ceux qui se donnent
les moyens de leur réussite, indépendamment de leur niveau d'étude ou de leur secteur d'activité. Quel risque y-a-t-il à se faire virer dans un marché où il y a plus d'offres que de
demandeurs? Il faut en profiter pour tirer un trait définitif sur un système, qui permet aux fainéants (tiens je commence à faire du politiquement correct) de se cacher impunément dans
nos entreprises, et qui pénalise et tire vers le bas ceux qui travaillent de toutes leurs forces. Si on n'introduit pas un peu de "libéralisme" dans ce marché de l'emploi, il ne pourra se réguler
que d'une manière : en voyant les forces vives, les entrepreneurs, et tous les travailleurs qui veulent "y arriver" déserter le territoire national au profit de pays où le travail et
l'investissement sont mieux récompensés.
Par Nicolas ROUSSEAU
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Publié dans : Propositions de lois
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